re-juin
8 juillet 2016

C’était doux de te revoir. J’ai détaillé avec délec­tation chaque crispation de tes muscles à l’instant précis où tu m’as remarqué. « T’es par là ? » — « Non » ai-je réussi à te répondre pour rester fidèle à ma connerie. En trois secondes, les souvenirs m’ont submergé : j’ai revu tes filles, les déjeuners sur l’herbe, la simplicité du partage qui défiait la densité rare de notre respect mutuel. Tout m’est revenu en bloc, toute cette légèreté heureuse ternie par la honte de ne pas avoir cultivé le rapport que tu avais créé ; d’avoir laissé filer tous ces étés pour le profit égoïste des démons qui cherchent encore à régir ma vie.

Je comprends tant que tu ne m’aies jamais rejoint. Néanmoins, le vide qui m’aspire est orné de notre lien, comme pour prouver la puissance, comme pour élever le rien au rang du tout. Au bonheur de te retrouver résiste un plaisir résigné et sans regret. Ton absence brille par sa présence.

— Un ami qui te voit du bien