scordatura
8 avril 2018

J’ai vu ton âme. Ça paraît préten­tieux, mais je te dis que j’ai vu ton âme. Elle est comme un lierre qui grimpe sur un mur inégal.

Ton âme, cette aura, c’est davantage du Miles Davis que Petrouchka, car elle se cache derrière ce voile diaphane qui sépare l’harmonie de la disso­nance. C’est une partition griffonnée, riche de sens, dessus et dessous. Tu ne joues pas d’elle, c’est elle qui te joue. Instrument de ton instrument, ton âme est l’évidente beauté de ta musique, traversée par l’insouciance de tes impro­vi­sa­tions. Tu prends les chemins de traverse. Tu te perds. Tu me perds. Tu nous emmènes à la limite de l’acceptable, aux confins de l’inaudible excès, pour toujours retomber sur le tempo et nous donner tes justes notes avec l’immaturité adulte qui te carac­térise.

J’ai vu ton âme, confuse et si belle. Je l’ai trouvée dans la portée de l’âme-our et dans les prémisses de mon désir d’âme-itié.

— Un ami qui te voit du bien