jouillet
31 juillet 2015

Les embruns nous appelaient depuis le quai. Avant que la chaleur insiste, nous nous engageons sur la jetée, attirés par la perspective d’une fraîcheur libéra­trice. « Namaste », « Konbanwa », « Hi ! », « Selamat petang », on croise le monde entier sur ces cent mètres qui s’avancent sur le Petit-Lac. Les sourires de ceux qui reviennent ne font pas de doute : une promesse est au bout de l’étroite langue de pierre. À mesure que l’on s’approche des sept tonnes d’eau en suspension dans le ciel de la Rade, une excitation circons­pecte nous gagne.

Je m’arrête à la moitié du chemin ; une intuition me retient. Tu avances au-delà ; ton impulsion t’y invite. À cet instant précis, le vent décide de tourner comme pour saluer ton insou­ciance et donner raison à ma prudence. Entre nous : tes rires et la joie éphémère d’un instant d’été. Revoyons-nous.

— Un ami qui te voit du bien