parenthèses
16 février 2018

Une fois n’est pas coutume, je t’envoie une photo­graphie qui n’est pas « belle ». Voyons si tu auras le courage de l’aimer ou si elle te fera fuir. Voyons si elle finira sur ton frigo, dans ton entrée, à ton chevet. Voyons si cette fois tu me dis j’ai toujours été impres­sionné par ton travail. Voyons si tu vas la partager, t’en inspirer, l’encadrer ? Non ?

Pourtant cette photo­graphie montre la réalité sans tricherie. Regarde bien avant de la jeter. Elle montre la beauté de l’action et de l’engagement ; l’impuissance palpable et la douleur enfouie. Elle montre la lutte, la fragilité, la dualité. Elle montre les corps et le toucher. Elle montre le sang de l’en-vie — pourpre comme notre premier baiser ; la puissance qui s’exprime. La naissance. La joie. La mort. Elle montre l’amour, la compassion, l’inconditionnel. L’injustice aussi. La honte. Le regard qu’on détourne. Les équilibres à trouver. Les possibles. Elle montre tout — tout ce qui nous unit et qui nous a séparés.

Enfin, elle montre l’indignation que tu m’as généreu­sement permis de vivre. Je t’en suis recon­naissant. Bon voyage.

— Un ami qui te voit du bien