cours de langues
28 mars 2017

Ce fut le moment de notre printemps où ma langue se serait très simplement entre­tenue avec la tienne.

Nous nous sommes rencontrés avec nos tripes ; souviens-toi, ce sont nos physiques qui se sont donné le ton — voire les papillons. Si la vue fut le premier des récep­teurs, elle laissa vite place aux autres sens, le premier toucher de ta main, les doux effluves de ta peau, le moelleux de l’écharpe enveloppant ton sourire, ta façon de marcher, d’occuper l’espace, d’observer nos silences…

Tout ce qui n’est pas verbe parle à qui sait écouter. Dès que les voix s’élèvent, entrent en scène les calques de lecture qui s’additionnent à chaque propos. L’osmose innée cède place aux inter­pré­ta­tions et à l’analyse. Tu as dit ci, j’ai compris cela, c’est donc que tu penses ça ou au contraire… Pour peu que l’on vienne à s’écrire et c’est toute l’autre langue qui se délie en un mille-feuille de complexités.

Apprenons la simple langue de la matière avant celle des mots. Lorsque nos corps s’éloignent, les maux nous le reprochent. Nous relierons-nous un jour ?

— Un ami qui te voit du bien