bain de minuit
3 août 2016

Mon passe-temps favori est de te chercher dans la foule. Pas comme un voyeur ou le paumé que je fus, mais comme une sorte de mélomane curieux qui atten­drait un point d’orgue parmi les mesures d’une symphonie échevelée.

Je sais dispa­raître pour observer ce qui ne m’attend pas. Mon regard envisage alors chaque expression, chaque port de tête, les cheveux qui s’effleurent et les pas qui esquissent le bal incessant des rencontres fugaces. J’écoute la conver­sation des mains ; je mesure l’espace entre les corps, les ivresses qui se conjuguent et les polarités qui se répondent.

Mon plaisir devient alors la somme de ceux dont je suis le témoin. L’imagination perce chaque bulle de joie pour espoir de mêler les genres ; pour que la forêt ne fasse plus qu’une. Utopie — une de plus.

Encore un été sans certitude que tu existes, aies existé, existeras. Qu’importe, tu m’importes toujours.

— Un ami qui te voit du bien