à propos d’e
27 janvier 2018

J’entends avec mes sens,
J’écoute pour comprendre,
J’écris pour agir.

L’errance en ligne droite

« Une seule chose est néces­saire : la solitude. »
C’est ce qu’écrivait Rainer-Maria Rilke à un jeune poète qui solli­citait ses conseils.

Sans doute la solitude, à laquelle peut s’ajouter la méditation, est-elle l’un des ancrages d’Enrique Pardo, tant il est vrai que l’œuvre ne saurait être élaborée dans le brouhaha ni s’inscrire dans les tourbillons de la mode. Solitudes certes, mais afin de mieux commu­niquer, d’être un acteur parmi d’autres.

Qu’est-ce au juste que le classi­cisme ? Chercher à le définir serait tomber dans le piège.

Comme graphiste, Enrique Pardo est cependant, à l’évidence, un classique, au sens où ses œuvres cherchent l’épure dans une perpé­tuelle inquiétude, dans une hyper­sen­si­bilité à l’infime ; elles veulent se situer hors du temps, avec pour seule quête celle de l’idéal. Faire remonter l’inspiration des profon­deurs de l’être ; telle est la recette d’Enrique Pardo : les sirènes habitent l’abîme.

Avec lui la démons­tration est faite qu’il existe un classi­cisme moderne, affranchi de ce que le passé a consacré. C’est exactement ce qui se révèle dans l’éventail de ses créations, le défi étant à chaque fois d’égaler en excel­lence de presti­gieuses marques.

Son style, il le trouva d’emblée. Comment l’avait-il conçu ? Il vous répondra laconi­quement qu’une étoile le guide, lui dicte la justesse ; ainsi en est-il du navigateur qui prend ses repères dans le ciel.

Ses premières références, il les acquiert auprès du distingué Julien van der Wal. Il se tourne alors vers les ouvrages profes­sionnels, les intègre, les dépasse. Ce n’est que le début d’un parcours qui lui permettra d’aborder le métier sous ses multiples facettes.

Périple géogra­phique tout d’abord, qui, d’étape en étape aiguise l’éveil : de chaque lieu il y a quelque chose à tirer. En surim­pression, un itiné­raire artis­tique qui, de la savante impro­vi­sation du calli­graphe japonais à la haute techno­logie, touche à tout.

Comme photo­graphe Enrique Pardo fait sienne la pensée d’Henri Cartier-Bresson et d’autres photo­graphes humanistes. Le métier consiste à faire preuve d’une vigilance de tous les instants, recon­naître le rôle fondateur de la lumière, se situer comme prota­go­niste et non comme personne extérieure, éprouver par consé­quent de l’empathie, saisir l’enjeu des face-à-face, avoir l’intuition de ce qui mérite d’être fixé. C’est ensuite, face au cliché, recon­naître la possible expres­sivité de l’imperfection et des déséqui­libres.

Le graphiste a vocation de travailler avec le photo­graphe. À cumuler les deux rôles Enrique Pardo parvient à une harmonie qui, dès le premier coup d’œil dissuade de toute analyse.

A.P.

portrait Enrique Pardo

Né à Paris en 1967 — Mi-argentin, mi-eurasien — Élevé à Singapour, Londres, Paris et en Suisse — Diplômé de l’École des Arts décoratifs de Genève en 1989 — Graphiste et directeur artis­tique en agence de 1991 à 1995 — Indépendant depuis 1995 — Premier éléphant en 1998 — Helvète depuis 2006 — Photo­graphie depuis longtemps — INFP (sentiment intro­verti, intuition extra­vertie, sensation intro­vertie, pensée extra­vertie)

( parfois en voyage )

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